📌 La Chine intensifie la régulation de l’approvisionnement mondial en terres rares. La Chine a secrètement, sans annonce ni clarification, publié ses premiers quotas d’approvisionnement en terres rares pour 2025.
Les exportations d’aimants en terres rares vers les États-Unis ont bondi de 660 % en juin après l’assouplissement des accords commerciaux.
Les exportations mondiales totales d’aimants ont augmenté en juin, mais sont restées inférieures au niveau de l’année dernière.
La Chine a imposé sa première série de quotas d’extraction de terres rares pour 2025, signe d’un contrôle accru du gouvernement sur une industrie essentielle pour tout ce qui concerne les voitures électriques et les équipements militaires.
Selon Reuters, Pékin a fixé ces quotas le mois dernier, sans notification officielle ni déclaration publique. Les entreprises autorisées à extraire et à traiter ces minerais cruciaux ont demandé à ne pas divulguer les chiffres, probablement pour des raisons de sécurité. Ni le volume ni l’attribution spécifique des quotas d’extraction et de transformation n’ont été divulgués.
Depuis de nombreuses années, le ministère chinois de l’industrie et des technologies de l’information publie des quotas trimestriels sur son site web, généralement au cours des premiers mois de l’année. Cette année, en revanche, la décision a été prise en silence, ce qui souligne la prudence croissante de Pékin dans la publication de données reflétant son contrôle sur l’offre mondiale.
Les analystes suivent de près les quotas, car ils indiquent la quantité de métaux des terres rares nécessaires pour les voitures électriques, les éoliennes, les robots et les fusées qui entreront sur le marché. La Chine représente à elle seule la part du lion de la production mondiale. Les retards par rapport à l’annonce habituelle du printemps ont donné lieu à des spéculations selon lesquelles les autorités reconsidèrent la manière dont elles doivent tenir les rênes.
Interrogé sur les raisons pour lesquelles les chiffres n’ont pas été publiés cette fois-ci, le ministère de l’industrie n’a pas répondu à une demande de commentaire. Les observateurs estiment que cette décision s’inscrit dans une tendance plus large de Pékin à utiliser les métaux des terres rares comme moyen de pression dans les négociations commerciales, en particulier avec les États-Unis et l’Union européenne.
L’année dernière, la Chine a émis deux séries de quotas d’extraction de terres rares pour un total de 270000 tonnes métriques. Cette production a ralenti la croissance annuelle à 5,9 pour cent, en baisse par rapport à la croissance de 21,4 pour cent en 2023.
Les permis de fusion et de séparation pour 2024 ont également été fixés en deux lots, pour un total de 254 000 tonnes, soit une augmentation de 4,2 % par rapport à l’année précédente.
En juin, les expéditions de métaux de terres rares et d’aimants vers l’Amérique ont fortement augmenté.
Selon l’Administration générale des douanes, les exportations ont atteint 353 tonnes métriques, soit une augmentation de 660 % par rapport aux 46 tonnes du mois de mai.
Ce bond est le résultat d’accords conclus fin juin pour éliminer les retards dans l’obtention des licences d’exportation pour les aimants et les métaux des terres rares destinés aux clients américains.
Dans le cadre de ces mêmes négociations, le fabricant de puces Nvidia a déclaré qu’il prévoyait de reprendre les ventes de ses processeurs d’intelligence artificielle H20 en Chine.
Au début de l’année, Pékin a ajouté certains éléments de terres rares et aimants à une liste de restrictions à l’exportation au début du mois d’avril, en réponse aux droits de douane américains.
Cette mesure a interrompu les expéditions en avril et en mai, perturbant les chaînes d’approvisionnement. Certains constructeurs automobiles étrangers auraient réduit leur production en raison de la crise.
Dans l’ensemble du monde, la Chine a exporté 3 188 tonnes d’aimants permanents en terres rares en juin, soit une augmentation de 157,5 % par rapport aux 1 238 tonnes exportées en mai. Malgré cette augmentation, le chiffre de juin est inférieur de 38,1 % aux 5 158 tonnes expédiées en juin 2024.