📌 Selon Cryptopolitan, le passage de Nvidia à une approche de la mémoire semblable à celle des smartphones devrait faire grimper le coût de la mémoire des serveurs d’ici 2026 au plus tard.
Le passage de Nvidia d’une mémoire de type DDR5 à une mémoire de type LPDDR, semblable à celle utilisée dans les smartphones, pour les serveurs d’intelligence artificielle devrait entraîner un doublement des prix mondiaux de la mémoire des serveurs d’ici la fin de 2026.
Cette manœuvre provoque une réaction en chaîne dans les chaînes d’approvisionnement en semi-conducteurs, qui connaissent déjà des pénuries de DRAM traditionnelle.
Les leaders du marché de la mémoire, notamment Samsung, SK Hynix et Micron, sont confrontés à une pression croissante alors que le besoin d’infrastructures d’intelligence artificielle continue de croître.
La décision de NVIDIA de repenser son architecture de serveur d’intelligence artificielle en utilisant des puces conçues à l’origine pour les appareils mobiles a changé la donne pour l’industrie des semi-conducteurs. Selon l’analyse de Counterpoint, cette décision pourrait doubler le coût de la mémoire des serveurs d’ici à la fin de 2026.
Le rapport note que Nvidia est passé de la DDR5 pour serveurs à la LPDDR, un module économe en énergie traditionnellement utilisé dans les gadgets portables. Le changement de Nvidia vise à réduire la consommation d’énergie des serveurs d’intelligence artificielle, qui sont notoirement voraces dans les centres de données d’aujourd’hui.
Bien que la nouvelle configuration adoptée par Nvidia promette de réduire les coûts d’exploitation, certains experts soulignent la pression accrue qu’elle exerce sur la capacité de production de mémoire.
Les fabricants de mémoire se concentrent désormais sur la mémoire HBM ultra-rapide, essentielle pour les accélérateurs d’IA avancés, ce qui a entraîné une réduction de la production de DRAM. L’étude de Counterpoint souligne que la DRAM est largement demandée dans les PC grand public et l’électronique automobile, ce qui a déjà créé une pénurie de ce type de puce dans de nombreux domaines.
Les principaux fabricants de puces tels que Samsung Electronics, SK Hynix et Micron ont constaté une diminution de leur capacité à produire des DRAM plus abordables, en passant à la technologie HBM.
Cette pénurie a fait grimper en flèche les coûts de la DRAM, qui ont bondi de 171,8 % en glissement annuel au troisième trimestre. Les prix de détail des modules DDR5 destinés aux ordinateurs personnels ont également doublé en peu de temps à la suite de la réorientation des flux de production vers les besoins des clients des centres de données d’IA.
Les analystes de Counterpoint Research estiment que le changement d’architecture de Nvidia a créé un nouveau niveau de tension.
Par exemple, le LPDDR, un composant typique des smartphones, est maintenant produit en grandes quantités pour répondre à la demande des serveurs d’IA, ce qui place Nvidia au sommet du marché en termes de capitalisation boursière. Les auteurs de l’étude préviennent que la reclassification du LPDDR en tant que composant de base pour les centres de données d’IA est un choc auquel la chaîne d’approvisionnement ne sera pas en mesure de s’adapter rapidement.
Le rapport de Counterpoint illustre le dilemme auquel est confrontée toute l’industrie des semi-conducteurs : les fabricants doivent décider s’ils augmentent les volumes de LPDDR, ce qui pourrait exacerber les pénuries dans d’autres secteurs, ou s’ils donnent la priorité à l’HBM pour répondre aux besoins des accélérateurs d’IA. Les deux voies comportent des risques pour les marchés mondiaux de la mémoire, selon l’étude.