📌 L’Australie fait des propositions pour la réglementation des crypto-monnaies, en obtenant l’approbation du Sénat pour un cadre réglementaire pour les actifs numériques.
La Commission de la législation financière du Sénat australien a recommandé l’approbation du projet de loi 2025 sur le cadre des actifs numériques. Le projet de loi introduit des conditions d’autorisation obligatoires pour les échanges de crypto-monnaies et les services de stockage de jetons.
Les opérateurs qui stockent les fonds des clients seront réglementés par le système australien d’octroi de licences pour les services financiers.
Cette loi exigera que les échanges de crypto-monnaies et les plateformes d’actifs tokenisés opérant dans le pays suivent les lois financières actuelles, ce qui constitue un changement important dans la réglementation des actifs numériques.
L’initiative vise à placer les plateformes de crypto-monnaies dans le même champ de surveillance que les institutions financières classiques. Ainsi, les législateurs prévoient de combler les lacunes de la réglementation, qui sont devenues évidentes après la faillite de grandes cryptocorporations, telles que FTX, et d’un certain nombre d’échanges centralisés, qui ne fournissaient pas une sécurité adéquate des fonds des clients.
Les régulateurs de l’ASIC insistent sur le fait que les crypto-monnaies devraient être réglementées sur la base de leur substance économique, et non de leur label technologique.
Les associations sectorielles se sont inquiétées du fait que les dispositions du projet de loi pourraient affecter par inadvertance les fournisseurs d’infrastructures tels que les logiciels de portefeuilles et les systèmes MPC.
Le projet de loi, présenté en novembre 2025 par le trésorier adjoint et ministre des services financiers Daniel Mulino, vise à créer un cadre réglementaire spécifique pour les plateformes d’actifs numériques (DAP) et les plateformes de dépôt à jetons (TCP).
Selon la proposition, ces plateformes seront considérées comme des instruments financiers en vertu de la loi sur les sociétés (Corporations Act) et de la loi sur l’ASIC (ASIC Act). Par conséquent, la plupart des opérateurs de crypto-monnaies centralisées et des fournisseurs de services de garde qui gèrent les actifs des clients auront besoin d’une licence de services financiers australienne (AFSL).
Les plateformes autorisées devront se conformer à un certain nombre de normes opérationnelles, y compris les garanties de conservation, les procédures de compensation et les exigences de gouvernance qui seront fixées par la Commission australienne des valeurs mobilières et des investissements (Australian Securities and Investments Commission).
En outre, ils devront se conformer à des réglementations spécifiques pour informer les petits déposants en leur fournissant des informations plus claires sur les risques, la sécurité des actifs et le fonctionnement de la plateforme elle-même.
Toutefois, la loi prévoit un allègement pour les petits prestataires. Les services dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 10 millions de dollars australiens (environ 7 millions de dollars américains), ainsi que certains opérateurs de blockchain publique, ne seront pas soumis à ces exigences de licence.
Les législateurs affirment que l’objectif est de trouver un équilibre entre la protection des utilisateurs et l’encouragement au développement du secteur florissant des actifs numériques du pays.
Les autorités de régulation annoncent également des changements plus importants dans leur approche du contrôle du marché des crypto-monnaies. S’exprimant lors de la Melbourne Money and Finance Conference en mars 2026, Rhys Bollen, responsable de la fintech à l’ASIC, a déclaré que la réglementation des actifs numériques devrait être basée sur leur fonction économique plutôt que sur la technologie grâce à laquelle ils sont créés.
Dans son discours, Rhys Bollen a comparé la technologie blockchain à un “nouveau système de plomberie” – une infrastructure qui fournit des fonctions financières connues depuis des décennies, notamment les paiements, l’allocation de capital et la gestion des risques.
Ces remarques reflètent la position de l’ASIC selon laquelle les sociétés de crypto-monnaies ne devraient pas bénéficier d’un statut spécial simplement parce qu’elles utilisent la blockchain.
En revanche, le régulateur estime que les organisations fournissant des services financiers (tels que la garde, la négociation ou le règlement) devraient être soumises aux réglementations financières existantes, qu’elles utilisent un cadre bancaire traditionnel ou des réseaux décentralisés.
Cette approche s’écarte des arguments précédents de l’industrie des crypto-monnaies selon lesquels un cadre réglementaire entièrement nouveau pour les actifs numériques est nécessaire.
Bien que la commission sénatoriale ait apporté son soutien au projet, certains acteurs du marché ont exprimé leur inquiétude quant aux conséquences involontaires que pourrait avoir la version actuelle.